Orgue de Cauterets

L’Orgue de Cauterets

Sous l’impulsion du père Jacques Tisné, curé de la paroisse, un grand projet fut mis en place: installer un orgue neuf dans le chœur de l’église de Cauterets.

Un grand projet

Le père Jacques Tisné

Lors de l’inauguration de l’instrument, le 12 août 1990, le père Tisné déclara:

« Il nous est donné ce soir, ici, d’accueillir un orgue qui, désormais, participera aux joies et aux peines de la communauté chrétienne; et d’abord à sa prière. Accueillons-le comme un chance et avec une grande joie. »

« Un orgue, c’est toujours une oeuvre d’art, une mise au monde. Il est né du savoir-faire, du talent et de la foi des frères Pesce et de leurs ouvriers. En l’écoutant, souvenons-nous de toutes les heures passées à le construire, à le façonner; à faire chanter les 1878 tuyaux et tout cela avec une somme de patience et la joie du travail bien fait.

« Un orgue, chers amis, c’est par excellence un instrument sacré. Par le fait du lieu où il se trouve; l’orgue a pour mission de chanter la louange de Dieu. Plus encore, la forêt de tuyaux, qu’il renferme, n’évoque-t-elle pas ce peuple que Dieu s’est choisi pour proclamer la bonne nouvelle de l’Évangile? Dans cette forêt, chaque tuyau a sa place et sa fonction. Célébrons avec joie la réalisation qui est sous nos yeux. Elle est devenue l’oeuvre de tous. Là est ma joie, ce soir. L’orgue de cette église fera désormais partie du patrimoine culturel de la cité. »

« Monsieur le Maire, voici l’orgue de Cauterets. Avec l’accord du père Évêque qui nous a accompagnés et encouragés, la municipalité en devient aujourd’hui propriétaire. Le prêtre au service de la paroisse en sera affectataire. »


« Je souhaite qu’il soit toujours source de communion, d’échange, d’animation. »

Une réalisation d’exception

Les frères Pesce

Gilbert et Michel Pesce sont nés respectivement en 1945 et 1942. Ils ont pris le relais de leur père Antoine, venu d’Italie et fixé à Pau.

En faisant appel à eux, les Amis de l’Orgue de Cauterets choisissaient une entreprise entièrement artisanale, ce qui, en facture d’orgue comme en d’autres domaines, est un gage de qualité. La petite équipe qui travaille à Pau signe chaque année deux ou trois instruments neufs, tous très variés et parfaitement insérés dans les édifices qui les reçoivent.


Les frères Pesce et leurs compagnons peuvent être fiers de l’oeuvre qu’ils laissent à Cauterets pour la joie de génération d’auditeurs. La qualité de leur travail assure en effet à cet orgue une belle longévité.

Près de 1,000,000 de francs furent récoltés par l’Association des Amis de l’Orgue de Cauterets, afin de financer ce grand ouvrage. Deux maisons furent données en héritage, par Paulette Batan et Madeleine Ferrier. Le reste fut rassemblé par de multiples dons, sur plusieurs années.

Un Orgue Classique Français du XXème siècle

Buffets de l'Orgue de Cauterets

L’instrument de Cauterets comporte 26 jeux. Chaque jeu – aussi appelé registre – correspond à une famille de tuyaux, avec leur hauteur et leur sonorité: bourdon, haubois, trompette, plein jeu…


Deux claviers et un pédalier commandent 1878 tuyaux dont 100 en bois. Le plus grand mesure 5,20 m; le plus petit 4 milimètres au dessus de la bouche.

L’ensemble de l’orgue pèse 5 tonnes. Sa construction a exigé 6,500 heures de travail à l’atelier de Pau où il a été monté une première fois avant son transport à Cauterets.

Intérieur de l'Orgue
Les entrailles du positif de dos

Aux deux claviers correspondent deux buffets, un grand orgue et un positif de dos. Leurs lignes sobres et classiques dans leur disposition sont en chêne massif. Ils ont été dessinés et réalisés par la maison Pesce.

La charpente de l’instrument est en sapin rouge du Nord. L’ensemble est conçu pour soutenir tous les éléments de l’orgue.

Les tuyaux sont insérés dans des sommiers, grandes boîtes dans lesquelles l’air est présent sous pression. Ces sommiers sont à gravures et registres coulissants. Quatre sommiers ont été construits, un pour le positif de dos, deux pour le grand orgue, et un pour la pédale.

Des taquets accessibles aux pieds de l’organiste permettent d’accoupler – c’est à dire relier – le clavier du grand-orgue et celui du positif, ou bien le pédalier et chacun des claviers. Un tremblant permet de moduler légèrement le débit d’air, pour donner aux mélodies une chaleur et une douceur bienvenue.

Les notes s’envolent des claviers

La transmission de l’instrument, qui relie les touches du clavier jusqu’aux soupapes qui font entrer l’air dans chaque tuyau, est entièrement mécanique. Même si cet orgue est contemporain, il n’est pas tombé dans la facilité des claviers électriques ou électroniques, mais suit avec bonheur la technique de transmission des orgues classiques français des XVIIème et XVIIIème siècles, dans une mécanique de type suspendue.


Chaque touche du clavier, chaque registre de la console actionnent des petites tirettes de bois, rendant l’instrument vivant pour l’organiste, sentant sous ses doigts chaque note, chaque jeu.

La seule pièce électrique est le moteur de la soufflerie, présente avec ses grand soufflets, de manière silencieuse, à la base de l’orgue. De cette réserve sous pression, des tuyaux apportent l’air dans les sommiers, puis, par le jeu de l’organiste, dans les tuyaux.

Daniel Abadie
Daniel Abadie, organiste titulaire de l’orgue pendant plus de 25 ans

Registration

Grand-Orgue

  • Bourdon 16′
  • Montre 8′
  • Bourdon 8′
  • Prestant 4′
  • Doublette 2′
  • Fourniture IV rangs
  • Cymbale III rangs
  • Grosse Tierce 3 1/5′
  • Cornet V rangs
  • Trompette 8′
  • Clairon 4′
  • Voix humaine 8′

Positif de dos

  • Flûte 8′
  • Montre 4′
  • Flûte 4′
  • Doublette 2′
  • Nazard 2 2/3′
  • Tierce 1 3/5′
  • Larigot 1 1/3′
  • Plein Jeu IV rangs
  • Cromorne 8′

Pédalier

  • Bourdon 16′
  • Bombarde 16′
  • Trompette 8′
  • Flûte 8′
  • Flûte 4′

Un instrument vivant

Deux fois par an, Stéphane Pesce vient assurer l’entretien et l’accord de l’instrument, qui, comme tout être vivant, a besoin de quelques réglages avec le temps et les changements de saison…

En deux sessions en 2019, l’orgue a eu droit à sa grande révision. Les tuyaux de l’orgue ont été vérifiés, consolidés, changés si besoin. Toute la charpente en bois a été traitée et cirée – l’humidité n’est pas son amie. La transmission a été ajustée pour que les notes puissent gambader dans leurs octaves. Les anges du sommet du buffet ont repris des couleurs. Enfin, l’instrument a été ré-harmonisé pour la plus grande joie de nos oreilles.


L’orgue accompagne les messes de samedi soir et de dimanche matin. Venez chanter avec lui, et prier à son écoute. Régulièrement, des concerts sont donnés pour vous aider à découvrir les multiples facettes de l’instrument.